Enfin la Transat, notre Transat !

Longtemps imaginée et pourtant si vite passée,

Vivre les uns sur les autres mais éloignés de tout...

Partir sans rien laisser au hasard, tout en sachant que tout peut arriver, oser partir quand même.

Se laisser porter et admirer la mer nuit et jour.


Samedi 4 décembre 2021. Bastien et Corentin, nos équipiers de choc, sont arrivés à bon port ! Il fait déjà nuit à Mindelo. Ils peuvent s’installer à bord et partager la cabine de Gabrielle qui cède sa place pour migrer à l’avant avec Héloise. Nous découvrons avec joie les quelques victuailles ramenées de France (fromage, chocolat…) qui manquent à certains ici ! Dernière soirée au Cap-Vert, le grand départ est fixé dimanche à 14h. Les enfants se couchent tandis que nous nous installons pour une dernière fois au floating bar afin de grignoter (avec les Ulmo et St Elme) et surtout profiter du WIFI jusqu’à clôture de l’établissement : derniers téléchargements, point météo, publications pour l’enfant à l’hôpital….La tension monte d’un cran !


Dimanche 5 décembre 2021. La matinée passe à toute allure. Derniers rangements et cuisine pour les premières heures en mer. Corentin et Josse déplacent le moteur de l’annexe dans la cale. Bastien et Thaddée partent en ville en quête d’un fil de pêche plus solide et d’appâts de qualité. Ils reviennent avec du matériel de compétition qui nous sauvera la mise pendant la transat après tous nos exploits ratés. On déjeune rapidement…Il ne faut pas trainer. La nuit tombe vite ici et nous voulons traverser le canal de sao vincente de jour. Nous savons que nous allons prendre 35 à 40 nœuds de vent et une mer bien formée… Nos amis de French Bohême (encore des voyageurs incroyables, qui naviguent sur un wahram 31) nous aident à larguer les amarres. Les Papy, les Ulmo, les Saint Elme sont tous déjà partis. Quelques minutes après, nous sommes suivis par nos amis de Grand Loup. Dernier stop au ponton gazoil et cette fois-ci, à 15h UTC, c’est la bonne, on ne touche plus terre ! J’ai le trac..

Objectif : relier Marie-Galante, soit 2 100 milles à parcourir. Nous prévoyons 12 jours de mer. Yes Tou Can !


Pas le temps de dire ouf, le canal et son effet venturi nous attendent. La grand voile est montée avec 3 ris, le génois est déployé avec 2 ou 3 tours, nous sommes au Grand Largue. Les vagues sont grosses mais relativement bien organisées et à l’arrière du bateau. C’est impressionnant, l’équipage est bien concentré, mais le bateau se comporte bien et la houle est régulière. Pour ne pas longer de trop près les côtes de Santo Antao et subir la houle qui déferle, nous négocions deux empannages. Après environ 2 heures de navigation, nous arrivons dans le dévent de l’île de Santo Antao. Le vent tombe immédiatement comme la houle. Cela nous permet de souffler un peu et de réaliser que nous sommes vraiment partis ! Le soir tombe assez rapidement. Des dauphins viennent nous offrir un spectacle de sauts, ce seront les seuls vus de toute la traversée.

L’accalmie offerte par le dévent ne dure pas longtemps. Passés le cap de l’île, nous retrouvons les alizés de Nord-Est et la houle croisée. Mais il fait déjà nuit. Au largue, le bateau file vite, très vite. Bastien et Corentin n’auront pas eu le temps de vraiment s’amarriner, et de nuit, les sens sont troublés. Pas de vrai dîner pour ce premier soir, les estomacs se mettent au repos. Une vague de côté déferle dans le cockpit, elle est pour moi, douche de haut en bas !

Première nuit en mer, premiers quarts. Jusqu’ici, tout va bien.





Lundi 6 décembre 2021. C’est la Saint Nicolas, mais cette année, ce sera sans notre traditionnel chocolat ! La mer est toujours croisée et pas vraiment confortable, mais chacun commence à être plus à l’aise. Le mal de mer se dissipe pour ceux qui y étaient sensibles. On peut entamer quelques jeux de sociétés mais la plupart du temps, nous restons encore assez inactifs, allongés à regarder la mer. Notre moyenne de vitesse est très bonne pour cette journée (215 milles nautiques en 24heures pour 18 à 23 nœuds de vent en moyenne), si bien que progressivement, nous doublons tous les équipages partis quelques heures avant nous puis la vieille. C’est bon pour le moral des troupes ! On salue à la VHF un à un les voiliers doublés.


Josse intervient sur les bosses de ris qui s'usent à vitesse grand V.

Comme à chaque fois, le soir tombe très vite (vers 18h) et il faut toujours un peu de courage à l’équipage pour passer en mode nuit ! Pour gérer le changement d’heure, nous avons décidé de maintenir l’horaire UTC sur l’horloge officielle à bord. Pour garder un repère. Mais nous vivons avec le soleil : on dîne puis on se couche quand il se couche, on déjeune quand il est au zénith.

Une pluie de poissons volants s’abat sur le bateau. Qu’il faut tenter d’esquiver !

Les quarts se mettent en place. Corentin prend le premier quart (on ne dira pas que c’est parce qu’il trouve trop fatigant de se relever la nuit 😊 Je m’en sors plutôt pas mal car je prends le quart de fin de nuit, lever du soleil (mais qui est aussi celui du lever des enfants !).



Mardi 7 décembre

Record battu:ak 220 milles parcourus sur les dernières 24h, on en profite tant que le vent est encore bien orienté et les conditions de mer plutôt agréables!

A 8h30, nous entendons 3 coups secs sous la coque arrière babord. Nous pensons avoir heurté quelque chose. Après vérification immédiate et tout au long de la journée, nous ne voyons rien de suspect. Ouf !

La journée a toutefois été déclarée comme journée à oublier ! En effet, Clotaire se réveille à 6h40 UTC, nauséeux et en diarrhée. S’en suit jusqu’à 18h des vomissements successifs alors qu’il n’a rien dans le ventre. Il est plaintif et à plat. Nous sommes inquiets au regard du dernier épisode d’Héloise à Mindelo. Par précaution, nous contactons par téléphone satellite le CCMM de Toulouse pour une consultation. Le médecin nous met face à nos responsabilités : Il nous interroge notamment sur la possibilité de revenir au Cap-Vert, ce qui n’est pas impossible mais pas vraiment possible non plus : cela nécessiterait de remonter au vent dans des conditions soutenues pendant 5 jours. Le médecin nous rappelle que nous entrons dans une zone inaccessible et que nous devons nous préparer « au pire ». On fait le point avec lui sur la pharmacie dont on dispose à bord et les antibiotiques. La priorité est de lutter contre la déshydratation. La bonne nouvelle c’est que Clotaire n’a pas de fièvre contrairement à ce qu’avait eu Héloise. S'il ne peut rien boire pendant les premières heures, nous parvenons en fin de journée à l'alimenter de bouillon (les cubes knoor) à l’aide d’une seringue. Toute la nuit, il somnollera sans vraiment reussir à dormir et toutes les demi_heures, je lui donne 2 puis 5ml de bouillon…La veille au soir Thaddée ne se trouve pas bien non plus mais reste un peu plus fringant. Même protocole pour lui !



Pendant la journée, les filles ne se démontent pas et cuisinent des muffins cœur fondant chocolat. Elles ont pour objectif de préparer au moins un gâteau par jour !


Pendant la nuit, le vent forcit pour s’établir autour des 25 nœuds. Josse, Bastien et Corentin s’organisent pour les quarts tandis que je veille auprès des garçons.


Mercredi 8 décembre

Nous avançons toujours aussi bien avec 213 milles nautiques parcourus sur les dernières 24heures. Le vent se maintient autour des 25 nœuds pour toute la journée. Progressivement, il passe à l'Est et désormais est arrière par rapport à notre destination ce qui va diminuer un peu la cadence pour la suite de la traversée.

Pas de nouveaux vomissements pour Clotaire et toujours pas de fièvre, ce qui est plutôt très rassurant. Nous communiquons comme demandé par mail avec le medecin du CCMM. Clotaire dormira quasiment toute la journée. En fin de journée, il commence à reprendre ses esprits et réclame à manger ! Gros soulagement pour tous (je revis) !

Le soleil est au rendez-vous en ce 8 décembre. Le bateau dépote. Nous doublons le voilier Detox, un anglais, qui nous interpelle à la VHF « Mais quel bateau avez-vous pour aller aussi vite ? ».

Bastien gère la sono à bord pour le plaisir de tous !

Au goûter des filles, c’est bananabread !

En début de nuit, la houle devient fortement de travers et plutôt mauvaise.




Jeudi 9 décembre

Vers minuit, le bateau part en surf très rapidement (alors que nous sommes sous 3 ris dans la Grand-voile et 1 ris dans le génois) si bien que Bastien et Caroline qui dormaient se reveillent en sursaut. Corentin était de quart tandis que Josse dormait dans le cockpit extérieur. Décision est prise d’empanner pour éviter de prendre la houle de travers et de réduire le génois à trois tour pour diminuer la puissance du bateau. Puis finalement, nous affalons la Grand-voile pour finir la nuit tout en améliorant le cap ! Au petit matin, le vent tourne autour des 30 nœuds. Les enfants restent imperturbables et dorment du sommeil du juste.

Conséquence directe de la réduction de la voilure : nous avançons un peu moins vite (186 milles nautiques sur les dernières 24h à 12h00 UTC) mais l’allure offre un peu de repos à l’équipage même si la mer reste bien formée !


Le matin, après avoir renvoyé de la toile, Bastien, Corentin et Josse ont passé quelques heures à installer le fil de pêche acheté à Mindelo. Efforts récompensés. Puisque dans l’après-midi, la canne s’agite. L’excitation est à son comble. Vite un saut, vite un couteau ! Josse et Corentin sont sur la jupe en position pour remonter le poisson qui se débat. Bonne pêche ! C’est une belle dorade coryphène qui finira en ceviche pour le soir et en filet pour le lendemain ! La découpe nous occupe bien.

En fin de journée, nos amis de Macajou nous préviennent qu’un second voilier engagé sur le rallye de l’ARC a été abandonné par son équipage pour un problème de barre. Il est à la dérive tous feux éteints. Nous sommes pile sur sa route. C’est tout à fait rassurant alors que la nuit s’installe.

Les boulangères nous préparent un gâteau aux pêches et du pain.

En début de nuit, comme chaque jour, le vent forcit. Encore marqués par la nuit dernière, nous décidons d'affaler à nouveau la grand-voile et de se laisser porter par le génois.


Vendredi 10 décembre

Finalement, nuit un peu molle. Le vent avait faibli mais la voilure n’a pas été rehaussée en cours de nuit. L’équipage avait besoin de repos même si le skipper regarde de travers la vitesse moyenne qui chute. Le vent est très vent arrière et les vagues sont toujours mal orientées. Le ciel est nuageux et une fois n'est pas coutume, nous allumons le moteur pendant 2h pour faire un peu d'électricité. A 12h00 UTC comme chaque jour, on mesure la distance parcourue sur les dernières 24h : 184 milles.

Mais le soleil revient l’après-midi et tout le monde est très en forme. Les enfants parviennent à avancer sur leur travail scolaire.


Une nouvelle dorade mord à l’hameçon, c’est la fête !!


Dans l’après-midi, Héloise se met subitement à hurler « Une baba, une baba, une baleine ! ». A quelques mètres du bateau seulement, un beau rorqual commun a décidé de faire un petit bout de route avec nous. Il surfe dans les vagues au raz de l’eau dans notre sillage.

Gâteau au chocolat au goûter.

A 22h15, nous fêtons (très sagement) la moitié du parcours ! Il faut d'ailleurs préciser que c'est une transat Zéro alcool, comme toutes nos navigations d'ailleurs !

Avant la tombée de la nuit, on renégocie l’organisation des quarts. Corentin plaide pour maintenir son quart de fin de journée.


Samedi 11 décembre


La chaleur s’installe…nul doute, nous nous rapprochons des Caraibes ! Les conditions sont clémentes et permettent aux enfants de travailler. 193 milles parcourus durant les dernières 24h. Vent 20 noeuds, 1 ris dans la GV. 3 empannages sont négociés aucours de la journée et la mer, un peu plus clémente, nous permet d'essayer le ciseau et de faire un cap sur la route directe.


Dans la matinée, le calme est interrompu par une alarme AIS sur notre centrale de navigation Raymarine : Nous avons un MOB : MAN OVER BOARD identifié sur notre écran ! On fait rapidement le tour de l’équipage ; tout le monde est bien à bord 😊 Après quelques minutes de recherche, c’est bien la balise du gilet de Clotaire qui s’est déclenchée sûrement suite à une mauvaise manipulation !

Nouveau cliquetis de notre canne à pêche : cette fois-ci, c’est un thon rouge ! Qui sera consommé cru le soir même, façon sushi puis cuit le lendemain. Comme dit Héloise, on va finir par ouvrir une poissonnerie.

Pan cakes au goûter.

Cette fois-ci, on revoit l’organisation des quarts et Corentin quitte son quart de fin journée….Ce sera Bastien, puis Corentin, Josse et enfin Caroline.



Dimanche 12 décembre

Nouvelle nuit. Chamboulée par les grains que nous découvrons. Bastien et Corentin sont les premiers à se faire arroser et à subir l’augmentation soudaine du vent. La première fois, cela fait bizarre. En fin de nuit, le vent monte à 40 noeuds sous un grain. Les enfants ne sont pas perturbés le moins du monde (tant que les playmobils tiennent), mais pour les grands, c’est pénible et cela rend les quarts stressants. Nous suivons la formation des grains sur notre radar pour ajuster la voilure en fonction. La matinée est pluvieuse, la mer bien formée et l’allure assez inconfortable.

187 milles parcourus.

Bastien tombe malade. Très probablement la suite de ce qu’a eu Clotaire….Nous ne le savons pas encore, mais tout l’équipage y passera une fois arrivés ! La plaie ! Nous sommes navrés pour Bastien…



Lundi 13 décembre

La nuit a été calme sous génois seul mais le train des grains reprend en fin de nuit…pour se poursuivre toute la journée. Le vent varie sans cesse de 15 à 32 nœuds, c’est usant ! La voilure n'est pas toujours adaptée à la force du vent et nous sommes souvent sous-toilée afin de ne pas se faire surprendre. Nous avons parcouru 182 milles de plus au compteur !

On garde le moral en cuisinant des petits choux à la crème fouettée ! et les enfants réussissent à bien travailler.

Dans l’après-midi, c’est le drame. Alors qu’une nouvelle dorade coryphéne tire sur la canne et que Corentin s’emploie à la remonter, la voilà qui gagne la bataille et s’enfuit avec notre fidèle Poulpy qui péchait si bien ! Thaddée est dépité !

Lors du repas du soir, dans le cockpit extérieur, un poisson volant atterrit à vive allure dans l’assiette de Josse, fou rire général !

Pour la nuit, on diminue à nouveau la voilure pour plus de confort et s’octroyer un meilleur sommeil.


Mardi 14 décembre

A 7hUTC, mais dans la nuit encore noire ici, un éclair lumineux irradie le ciel. Suivi peu de temps après par l’observation d’un gros point lumineux…Phénomène astrologique ? Le reste de l’équipage me prend pour une illuminée. Mais j’ai bien vu !

Conséquence, d'une nuit sous-toilée mais reposante, nous n'avons parcouru que 171 milles... Le capitaine en aimerait plus !

La journée est belle et nous donne des ailes. Soleil au rendez-vous, conditions de vent et de mer confortables. Bastien récupère un peu de son infection. Les enfants travaillent. On retente la pêche avec un nouveau poulpy. On sort le sextant. Discutons des constellations observées pendant les quarts de nuit. Goûter des filles : gâteau aux pépites de chocolat et flan !

Que demander de plus ? Finalement, nous ne sommes plus si pressés d’arriver.

Le soir, les enfants se motivent pour faire chacun un quart !



Mercredi 15 décembre

De nouveaux grains viennent pimenter notre matinée mais sans grosse accélération de vent. La journée est encore très belle. Le vent passe sous les 20 nœuds ce qui nous permet de sortir le spi asymétrique. Il est amuré sur la coque au vent afin de mieux descendre le vent et faire moins de route. Tout l’équipage est en pleine forme. On alterne entre travail scolaire, jeux, film quotidien pour les enfants et notre traditionnel goûter cuisiné par les filles : Brownies.

190 milles parcourus, le skipper retrouve des couleurs !

Le tableau de cette journée est parfait. Nous remballons le spi pour la nuit. C'est plus raisonnable !


Jeudi 16 décembre

Le jour le plus long. Nous nous étions très bien habitués aux conditions des deux dernières journées: soleil, brise de 15 à 23 nœuds, houle confortable.

Pas de répit, c’est reparti pour un tour. En l’occurrence, pour une nuit et une journée où les grains s’enchainent. Le skipper ne dort pas beaucoup. La fatigue de l’équipage se fait sentir. Chacun perd un peu patience. Mais quand est-ce qu’on arrive ! Il faut se résigner, nous n'arriverons pas avant le coucher du soleil ...




C’est évidemment fête lorsque l’on peut crier Terre en VUE. La Désirade se dévoile en premier...Il faut attendre encore pour apercevoir Marie-Galante, plate comme une galette et la Guadeloupe, cachée dans les nuages.


J’avais imaginé une arrivée en découvrant les eaux turquoise, les cocotiers et en effectuant un plongeon dans l’eau à peine l’ancre posée.

Finalement, nous arriverons en soirée dans la nuit noire, accompagnés de violents grains, de 35 nœuds de vent et sous une pluie battante. Un BMS est en cours sur la Guadeloupe. Le bateau file à 12 noeuds sous le vent de Marie-Galante, Bastien est à l’avant, lampe de poche à la main, pour éviter les casiers de pêche. Les filles crient au scandale : Quelle est donc cette météo !

Et puis l’ancre se pose dans la baie de Saint-Louis. Une dernière grosse drache en guise d'accueil, et puis les moteurs s’arrêtent, et....le SILENCE ! Ca y est, nous y sommes ! On ouvre le champagne même si nous sommes rincés, au sens propre comme au sens figuré !




Une pensée me vient immédiatement à l’esprit : Et dire qu’il va falloir re-traverser! Avant je ne savais pas, mais maintenant, je sais….

Tout le mérite de cette traversée revient...aux enfants. Qui acceptent (presque) sans broncher cette aventure. On prend bien conscience de toute l’innocence et l’insouciance des enfants : Ils n’ont jamais peur!

...Et à nos supers équipiers. Qui ont dû affronter des conditions de navigation pas évidentes tout juste sortis de l’avion, et nous supporter aussi ! Merci pour leur aide précieuse, les manoeuvres (Josse a bien usé/abusé de Corentin qui a effectué, sans broncher lui aussi, toutes les manoeuvres au pied de mât!), merci pour nos échanges et nos débats, et pour les photos (Bastien élu photographe officiel!).


La transat en résumé : Mindelo - Saint-Louis de Marie Galante. 2209 milles parcourus sur le fond en 11jours et 11h soit 8,03 noeuds de moyenne. Vitesse maxi en surf : 21 noeuds !

3 malades. 4 poissons pêchés. Quelques kilos perdus. Aucune casse ou avarie !


Quelques mots de Bastien et Corentin

Pour notre première transat, nous avons eu de la chance : nous étions sur un bon bateau, avec un bon skipper, dans une ambiance familiale détendue et agréable.


Globalement, beaucoup de vent, beaucoup de vagues, tout le temps. Ca rend un peu malade au début, puis on s’habitue et on est finalement content car on va vite. 11 jours c’est quand même une belle performance pour faire 2 200 milles.


Le Cap-Vert a l’air très sympathique, avec tous les éléments de l’Afrique que nous apprécions, dans l’ambiance d’un chapelet d’iles pas très riches donnant l’impression de se battre constamment pour sa survie. Mais 1 petite journée de découverte, c’est un peu court. Faudra revenir.


Pour beaucoup, c’est inenvisageable de traverser l’Atlantique et se retrouver seul sur un bateau, vulnérable, dépendant des éléments, enfermé et avec pour unique horizon la mer. Mais pour nous, c’était plutôt la liberté, la joie d’être au milieu de la nature, le plaisir de découvrir la faune du large, l’envie de se prouver qu’on est capable de traverser un océan, le sentiment d’être pleinement vivant… et la satisfaction de contribuer à un projet familial sympathique.


Une belle aventure avec Thaddée : D’abord trouver du fil (solide) et des appâts un dimanche matin dans un petit café de Mindelo. Puis transférer le fil sur la canne, ce qui nous a pris quelques heures! Et enfin, la pêche, avec ses espoirs, son attente…et ses récompenses : 3 belles dorades, un thon rouge et un barracuda (+ 1 gros poisson qui a avalé notre appât lesté). Merci Thaddée de ta persévérance et de ton enthousiasme.


Au départ, il y a le rythme de la terre avec l’activité humaine, les contacts permanents, les rendez-vous à heure fixe, les nuits globalement calmes, les douches, la connexion internet, … Et puis vient le temps de la mer avec le calme (mais pas le silence), les jours qui succèdent à des nuits courtes et hachées, des quarts sous les étoiles (ou sous les grains), la conduite du bateau qui impose une activité peu soutenue mais permanente, la sensation d’isolement (rien de visible à œil d’homme, mais présence réelle de quelques navires détectés par le radar, la VHF ou à portée d’iridium), et la mer, l’eau, les vagues, les embruns, à perte de vue…


Une année en bateau, pour les enfants, c’est faire mille expériences, découvrir la nature et la vie, mais c’est aussi continuer l’école. Il faut donc assurer quelques séances de lectures, d’exercices et d’apprentissage. Visiblement plus facile pour les filles que pour les garçons. Mais, bon, y’a la pêche et je crois qu’il y a un poisson qui mord…


Au départ du Cap Vert, quelques dauphins qui accompagnent en dansant le cata. Ensuite les poissons volants, à coté du bateau, puis au-dessus et enfin dedans. En pleine mer, une baleine qui joue de longues minutes avec les vagues pour notre plus grand bonheur. Et des oiseaux, de jeunes Fous, si loin des côtes et tellement dans leur élément, à pêcher au gré des vents et des vagues. Que de belles rencontres à immortaliser en photos.


Après des jours et des nuits de mer, enfin une terre à l’horizon, la Désirade. Après quelques heures d’approche qui paraissent interminables, et quelques bords de nuit bien venteux, nous posons finalement l’ancre devant Marie-Galante. La grosse douche tropicale de début de nuit nous dessale tout à fait, et nous fait entrer dans un autre rythme du voyage : la vie près des cotes.


Merci à vous de nous avoir embarqué sur Toucan.


Bastien et Corentin




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