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Carriacou, loin de tout...


Une belle petite navigation au largue et nous voilà sur l’île de Carriacou, dans la Tyrell Bay, «port» d’entrée du pays. La communauté de voiliers amis remonte vers la Martinique. Une fois n’est pas coutume, nous serons tous les 6 pour profiter de Carriacou.


Comme à chaque changement de pays, tout commence par les formalités d’entrée. Il est prié de prendre les choses très au sérieux. Par chance, nous apprenons que le bureau ferme à 16h. Il est 15h50, nous venons de poser l’ancre dans la partie réservée aux nouveaux arrivants. Nous sautons dans l’annexe pour ne pas rater le créneau. Car sans formalités d’entrée effectuées, nous avons l’obligation de rester sur le bateau en attendant la réouverture des bureaux.


La première étape consiste à relever avec succès le contrôle sanitaire. Nous devons nous présenter à 6, sur un terre-plein à gauche de la baie, dans une tente montée pour l’occasion ; les enfants sont priés de se tenir à carreau. L’officier (le médecin ?) réalise les classiques : prise de température, vérification des attestations de vaccins, de tests PCR de moins de 72H, des déclarations sur les éventuels symptômes…. Tout cela prend bien une heure ; de quoi laisser le temps aux garçons, impatients, de faire quelques bêtises. Après l’aval de l’officier, nous gagnons le droit de repartir de l’autre côté de la baie (on ne mélange pas les flux), pour aller effectuer la clearance administrative et avoir le droit de séjourner dans le pays. Dans toutes les îles traversées, ces contrôles sanitaires (pénibles et coûteux) ont été instaurés, sauf en territoire français ;). Enfin, nous n’allons pas nous plaindre, cela nous fait un peu de répit.


Arrivée à Tyrell Bay. On y croisera Francis Joyon



A nous Carriacou !


Mais qui a-t-il donc à faire sur cette nouvelle île de Carriacou ? Et bien..les paysages et le programme sont sensiblement les mêmes que sur les îles de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Des mouillages idylliques, sauvages et reposants. Très peu de touristes encore cette année, quelques anglo-saxons. Nous rencontrons des canadiens venus s’installer pour quelques mois afin de se mettre à l’abri du Covid. Les navigateurs y viennent plutôt lors de la saison cyclonique, l’île étant la plupart du temps préservée des ouragans et deux chantiers se sont récemment montés.


Découverte du trou à cyclone à Tyrell Bay (mangrove)



Nous avons trouvé ici, plus qu’ailleurs, les habitants très accueillants. On se sent ici chez soi. Comme sur les îles de SVG, le développement est très limité et la vie est rustique. Nous sommes loin de la société de consommation. Ici il n’y a rien à acheter. Juste de quoi se nourrir très simplement ou trouver quelques vêtements et produits chinois. Pas de quoi être tenté.

Nous en profitons pour nous reposer et bien avancer le travail scolaire, ce qui n’est jamais une mince affaire et très souvent source d’énervement ! Toutefois, personne n’est encore passé par-dessus bord mais le voyage n’est pas fini ;)


A Carriacou, le contact est facile avec les habitants, curieux de savoir ce que nous faisons et de partager avec nous leur quotidien. Nos rencontres sont diverses : les sœurs de Mère Térésa, des français adorables installés ici depuis plusieurs années, Tim et son équipe qui cuisinent tous les jours sur l’anse Laroche. Thaddée, désormais fan de pêche, s’initie avec les pêcheurs du coin. De quoi retrouver le sourire après la séance de travail scolaire.


Pendant ces quelques jours ici nous bénéficions d’une météo idéale. On se régale de nos différents mouillages et de nos promenades au cœur de l’île. Depuis de longues années déjà, la préservation de l’environnement est au cœur des préoccupations des autorités. Tout est propre et entretenu. Des arbres de différentes essence replantés dans les forêts.


Ballade sur les hauteurs de Carriacou


Du nord au sud, nous aurons séjourné dans les mouillages de l’anse Laroche, Hillsborough, Sandy Island, White Island. Toujours pas de port : notre dernière halte dans un porte remonte au 5 décembre à Mindelo. Nous vivons toujours le plus possible en autonomie sur la production d’eau et d’électricité, grâce à notre dessalinisateur et nos panneaux solaires. Bon, on ne va pas vous cacher qu’on ne fait pas tourner souvent notre petit lave-linge et que l’on vit comme des robinsons. Il n’empêche que les enfants ont pris de bons réflexes comme prendre une douche en 5 secondes, charger les appareils numériques quand le soleil est au zénith ou vérifier le matin l’état des batteries avant d’allumer le 220 volts.


Escapade à Hillsborough, la "grande ville" de Carriacou (1 000 habitants)


Hillsborough & alentours, commerces et école

Vers Paradise beach



L’anse Laroche sera notre coup de cœur du séjour. Non pas qu'elle soit forcément plus belle que les autres, car chaque mouillage est un petit paradis. Mais l’anse est tellement paisible (difficilement accessible à pied et très abritée) que l’on y sera resté un peu plus que prévu.


Le mouillage très paradisiaque de Sandy Island, cueillette de noix de coco et régate de Tiwal


Et celui de White Island, vraiment seuls au monde


Anse Laroche et ses lumières incroyables

Pêche au programme de l'anse Laroche


La cuisine très conviviale de Tim à base de langoustes & retrouvailles avec des voisins de Mindelo, Zazou


Avant de repartir, nous croisons des voiliers en régate. Il s’agit d’une régate de trois jours entre Grenade et Carriacou. Ahh si nous avions su, nous nous serions inscrits !


Ces quelques jours hors du temps ont une fin. Nous ne souhaitons pas descendre plus au sud de l’arc antillais car nous sommes attendus en Martinique. Trinidad et Tobago ainsi que les îles de Los Roques au nord du Vénézuela faisaient initialement partis de notre programme. Mais avec les contraintes COVID, tout est plus compliqué, prend plus de temps et d’argent. Ce sera pour une autre fois, ou pas !

Nous levons l’ancre à 17h30 de Carriacou pour une nuit en mer afin d’arriver le lendemain matin aux Anses d’Arlet en Martinique. Nouvelle navigation rapide avec quelques vagues de face bien raides lors du passage de chaque canal entre les îles. A trois heures du matin, nous croisons en mer nos amis Nawaks, un autre Outremer Danson de 45 pieds. On échange quelques mots sur la VHF. A chaque navigation et quasi à chaque mouillage, nous retrouvons un équipage ami ! Si l’on cherche la solitude, il est plus judicieux de viser l’Antarctique !


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