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Détroit de Gibraltar, we did it! - 31 août

Dernière mise à jour : 29 sept. 2021

Le 31 août, le vent d’ouest qui souffle depuis plusieurs jours tombe, ce qui nous laisse quartier libre pour franchir le détroit de Gibraltar. Nous partons vers midi après avoir repris un peu de gazoil en profitant, comme tout le monde, des prix détaxés de Gibraltar.


Le détroit est large d’une quinzaine de kilomètres, ce qui surprend les enfants qui s’attendaient finalement à un couloir bien plus étroit. Entre Gibraltar et la sortie du détroit (jusqu’au Cap de Trafalgar), il faut compter environ 60 kilomètres.


La navigation commence très tranquillement, grand voile haute mais propulsé au moteur en l'absence de vent. Nous longeons sagement les côtes espagnoles à l’écart du rail des cargos. Nous avons un faible courant contre, ce qui est normal : un courant permanent vers l’est (qui rentre donc dans la Med) compense l’eau "perdue" en Méditerranée par évaporation. 3 heures après la pleine mer, il devient nul, voire s’inverse un peu. Ce courant est plus fort au cœur du rail.



En nous engageant dans le détroit, nous contactons à la VHF la station de Tarifa qui contrôle le détroit. Les cargos (plus de 300 par jour quand même en moyenne…) doivent attendre l’aval des autorités pour s’engager. Celle-ci surveillent aussi les go fast et les embarcations de migrants…


A mesure que nous rentrons dans le détroit et que nous nous rapprochons de Tarifa, le vent, au portant, monte pour atteindre 18 nœuds, ce qui nous permet de couper rapidement le moteur. A Tarifa, c’est bien connu, il y a toujours du vent (petite pensée pour les windsurfers !). Il se dit que des vents de plus de 30 nœuds sont réputés souffler plus de 300 jours par an. Le bateau glisse bien mais le vent dans l'axe nous oblige à tirer des bords au grand largue: d'un côté, la côte espagnole et sa cote arasée par le vent avec quelques pâturages de moutons, de l'autre le courant contre qui augmente soudainement. Une bataille d'empannage s'engage dans ce couloir.


Une fois passé le phare de Tarifa, les choses sérieuses commencent. Si nous voulons rejoindre les côtes marocaines, il faudra bien se trouver un chemin entre les cargos pour traverser ce fameux rail. Brr…

(Nous sommes la bateau blanc sur la carte)


Le rail obliquant vers l'Ouest, notre cap au Sud-Ouest nous rapproche du rail. Un peu trop vite sûrement, ce qui ne plait pas au gros porte-conteneur Maersk qui nous voit arriver droit sur sa route. Le skipper du Toucan a pour habitude d’attendre le dernier moment pour empanner, ce qui nous vaut donc 4 bruyants klaxons de Maersk pour nous dire « poussez-vous si vous ne voulez pas finir en rondelles de saucissons ». Nous exécutons fissa et courtois, le laissons passer devant avant de couper quasi en angle droit le premier rail pour le franchir au plus vite. Nous voilà donc à l’écart des navires qui quittent la Méditerranée.


Mais il faut à présent négocier le rail des navires qui arrivent de l’Atlantique. On observe l’AIS (système permettant de recevoir la position des bateaux à proximité) pour tenter d’évaluer les navires qui devraient passer devant et ceux pour lesquels nous pourrions passer avant.



Après quelques dizaines de minute, nous voilà sortis du dernier rail et en approche de la grande baie de Tanger. Nous découvrons immédiatement les petites embarcations de pêche marocaines, parfois très basses sur l’eau, qu’il faut éviter au dernier moment….Toujours sympa !



L’après-midi est déjà bien avancée, le vent mollit un peu en sortie de détroit, mais cela ne devrait pas durer, l'alizé pointe son nez ! Nous contournons le cap Spartel, entamons progressivement la descente des côtes Marocaines sans trop nous en approcher. L'équipage de bonne humeur avale des pâtes carbonara à 9 noeuds sous spi avant le coucher du soleil puis nous nous préparons pour notre première nuit à bord dans l’Océan !


Finalement, ce détroit, c'était presque facile! Mais les conditions de réussite étaient réunies! Nous savourons de ne pas avoir rencontré les orques qui hantent maintenant tous les navigateurs de passage dans ces eaux. Gabrielle et Héloise peuvent retrouver un sommeil paisible!



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