• carofoucart

La vie est douce à Porto Santo - 2 au 15 septembre

Dernière mise à jour : 13 juil.

Aie aie aie… Nous sommes en réalité déjà aux Canaries et n’avons pas encore pris le temps de raconter notre séjour passé au sein de l’archipel de Madère. Il faut dire qu’un tout petit changement est apparu depuis la publication de notre dernier article : nous devons à présent assurer l’instruction de nos chers enfants. Cela a considérablement réduit notre emploi du temps !


Nous avions donc quitté le jeudi 2 septembre les côtes marocaines avec dépit. S’en sont suivi 3 jours de navigation pour parcourir les 450 milles nautiques (830km) et atteindre la très paisible île de Porto Santo.

Lors de la première nuit en mer, les alizés portugais se renforcent comme prévu et une bonne houle croisée bien désagréable s’est installée dès la nuit tombée. J’ai pensé utiliser mon joker/une carte « Je passe mon tour pour cette nuit », mais cela n’a pas fonctionné, j’ai dû rester sur le bateau...

Surtout, je me suis demandée comment nous allions tenir ainsi pendant 3 jours. Pas de mal de mer mais de l’angoisse de sentir la violence des vagues qui viennent se fracasser de côté sur le bateau. Impossible de dormir sereinement…Il faudra attendre au moins la fin de journée suivante pour que la mer se calme un peu et nous redonne le sourire. Finalement, la navigation devient supportable et même trés agréable!

L’état de la mer a un impact direct sur le moral de l’équipage et la qualité de la vie à bord. Les enfants gèrent toutefois plutôt bien et surtout dorment très bien pendant les nuits en mer.

En navigation, pour le moment, la lecture et l'écoute de musiques et de podcast préalablement téléchargés sont nos occupations favorites : Nous pouvons brancher nos téléphones sur la radio, tout le monde peut donc écouter de l'intérieur comme depuis le cockpit, c'est bien pratique. Les enfants connaissent par coeur les podcasts de Radio France : les Odyssés, les Bestioles, Olma, Tintin...Il va falloir trouver d'autres sources d'inspiration!



Le 3eme jour, le vent chute comme prévu et nous oblige à faire quelques milles au moteur mais très rapidement le vent revient en changeant d'amure. Le capitaine se réjouit chaque jour de notre bateau capable de profiter d'une moindre brise pour être propulsé. Nous voici avec un vent du sud qui au fur et à mesure doit passer à l'ouest, il faut négocier la trajectoire et avancer vite afin d'éviter de finir avec le vent dans le nez !

Un peu avant le coucher du soleil de notre 3ème nuit, nous croisons la route d’un rorqual. Il replonge trop vite. Nous n’aurons pas eu le temps d’immortaliser ce moment magique !

Au vent de travers, nous avançons bien durant cette dernière nuit alors que l'équipage a pris ses marques.

Au petit matin, terre en vue !!! Nous découvrons les côtes sauvages de Porto Santo et rentrons nous mettre à l’ancre dans la baie de l’unique petit port à 9h30. Le vent et la houle sont encore trop forts : un seul bateau est mouillé devant la plage, mais il est sacrément secoué. Nous voici au Portugal, sur une île qui fait partie de l'archipel de Madère. Les formalités "Covid" sont rigoureuses mais efficaces.


Porto Santo (Port saint ou Port sûr) : l’île fut (re)découverte en 1418 accidentellement par une expédition portugaise au cours d’une tempête. Ils avaient pu trouver refuge dans la baie, d’où le nom. Christophe Colomb qui épousa la fille du gouverneur local tout juste installé, passa quelques années sur l’île où il a dû, à priori, étudier et préparer ses navigations futures vers l’Amérique.


A Porto Santo, la vie est douce et paisible ! Petite île aride de 5 000 âmes qui vivent principalement dans la ville de Vila Baleira. Surtout réputée pour sa très belle plage de 9km de long qui aura fait le bonheur des enfants. Il pleut rarement, la végétation est dans certaines parties de l’île quasi inexistante. C’est l’occasion pour tous de découvrir les amusantes variétés de cactus (l'agave notamment à tous les stades de floraison) et de ramasser quelques figues de barbarie.





A Porto Santo, nous découvrons le tourisme hors saison. Qu’il est bien agréable d’être presque seuls pour profiter de ces superbes paysages !


A Porto Santo, nous participons à une magnifique célébration, animée par une confrérie et en présence de l’éveque de funchal pour une fête dont on n’a pas tout compris. La chorale d’hommes dynamise les cœurs !


A Porto Santo, nous marchons beaucoup : le port est est un peu à l'écart de la ville, les transports en commun sont rares et les enfants n’échappent pas à quelques randonnées sous des chaleurs écrasantes : remontée de la très longue plage, ascension du Pico Castello, tour de la pointe sud-est de l’île... Ils remercieront mille fois leur mère pour leur avoir épargné encore des dizaines de kilomètres lors d’une randonnée un peu foireuse en levant le pouce au bon moment ! En plus, ce fut l’occasion de faire un tour en Land Rover er de rencontrer un couple madérien super sympa!



A Porto Santo, nous reprenons des calories en savourant les quelques pâtisseries portugaises bien connues dont les Pasteis de nata. Nous sommes un peu moins convaincus par le bolo de caco, (pain de blé et de patate douce) et n’avons surtout pas goûté le poisson séché qui dégage sur les étals une odeur franchement abominable !

L’île n’est pas très grande et rien ne semble être cultivé. Mais le quasi unique supermaché de l’île Pingo doce, flambant neuf, est incroyablement achalandé. On y trouve de tout. Les fruits, légumes et produits frais viennent essentiellement de Madère et des Açores.



A Porto Santo, nous rencontrons beaucoup d’autres voiliers embarqués pour un grand voyage. Des équipages de tous âges. Des histoires et des projets tous différents ! Nous sympathisons avec le beau voilier Macajou. Ils ont des enfants du même âge et partent sans date de retour…Comme beaucoup finalement. Nous sommes des petits joueurs !


A Porto Santo, plus motivés que jamais, nous installons la routine de l’école. Les filles, sans surprise, sont exemplaires ! Voilà que le bateau se retrouve « fiché » de toute part pour que l’organisation de la vie à bord et de l’école soit au carré. Les membres de la coque tribord dorment encore (nous compris) quand à bâbord, les filles sont déjà sur le pied de guerre. Et quand à babord ça se lève péniblement, les filles ont déjà quelques pages d’exercices à leur actif. Côté garçons, c’est un peu plus, disons, douloureux…Mais ils sont courageux! Surtout qu'on leur demande en permanence d'être efficace et performant pour que nous puissions aussi avoir du temps pour profiter de nos escales à terre. Thaddée n’est jamais à court d’arguments du genre « Pourquoi je devrais travailler alors que vous, vous ne travaillez pas ? »…


A Porto Santo, notre aventure aurait bien failli s’arrêter net. Une très grande goellette arrivée dans la journée au mouillage, se met à déraper en fin d’après-midi alors que le vent est monté. La voilà qui recule sur un voilier, les chaines s’emmêlent, les deux bateaux dérapent ensemble. Alors que la goellette tente une marche avant, les voilà tous les deux devant l’axe de notre beau Toucan. Nous avons allumé les moteurs mais il est trop tard pour remonter notre chaîne et nous échapper. Heureusement, le scénario catastrophe avec les deux bateaux qui nous tombent dessus ne se produit pas : la goelette parvient à se délier de l’autre voilier et à s’éloigner…C’est toujours très plaisant ces petits moments d’adrénaline !


A Porto Santo, c’est enfin, le moment de laisser une trace de notre voyage en peignant, à la suite des autres voyageurs, notre logo sur le ponton du port. L’opération s’avère être un carnage. Manifestement, on s’y prend beaucoup trop tard (à 19h la veille du départ). Il fait très humide et se met même à pleuvoir. La peinture dégouline, les couleurs se mélangent, on s’énerve ! Aie, incapable de faire honneur à notre beau logo dessiné par le talentueux Rémi. Mais comment donc font les autres ??? Josse y retourne à 7h du matin avant le départ pour limiter les dégâts. On tâchera de faire mieux aux Açores !




Il est temps de lever l’ancre et de quitter ce petit coin de paradis. Nous réalisons la chance que nous avons de prendre du temps pour chaque instant !

En route pour l'île de Madère !



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